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Des chercheurs primés du N.-B. examinent les meilleurs résultats pour les patients obèses qui ont besoin d’une chirurgie cardiaque

Dr. Christie Aguiar.

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Dans une province comptant le plus haut taux d’obésité au pays, un groupe de chercheurs du Nouveau-Brunswick tente de découvrir l’impact de l’obésité sur les patients qui ont subi une chirurgie cardiaque.

À prime abord, il s’agit d’une question ayant une réponse simple, mais les chercheurs se sont aperçus que la problématique n’est pas si noire ou blanche qu’elle n’y parait.

« Il existe de nombreuses études publiées par le passé qui ont examiné l’obésité et les résultats suivant une chirurgie cardiaque. Les résultats de ces études sont variés », dit le Dr Ansar Hassan, chirurgien cardiologue à l’Hôpital régional de Saint John et un des huit chercheurs responsables du projet.

« Certaines études ont démontré que, dans tous les cas, l’obésité a un impact négatif sur les patients et qu’ils obtiennent de pires résultats après la chirurgie. D’autres études ont plutôt démontré que l’obésité n’est pas nécessairement un prédicteur négatif et que chez certaines personnes, elle pourrait avoir un effet protecteur, et donc que les patients pourraient avoir de meilleurs résultats. On parle alors du ‘paradoxe de l’obésité’. »

Avec des résultats si différents, l’équipe a décidé de pousser la recherche un peu plus loin.

« Nous voulions effectuer une analyse plus approfondie des patients obèses afin de déterminer lesquels avaient de bons résultats et lesquels avaient des mauvais résultats, dit le Dr Hassan. Je crois qu’en général toutes les études présentées dans la littérature se sont concentrées sur l’indice de masse corporel (IMC) comme mesure unique de l’obésité. Mais il existe d’autres manières de voir l’obésité et nous voulions le déterminer en examinant d’autres mesures comme le rapport hanches/poids, ou le rapport poids/grandeur, et le degré d’adiposité du corps. »

L’équipe du Dr Hassan veut aussi comprendre comment chaque patient fonctionne physiquement. Tout comme les gens minces qui ne sont pas en forme, il existe des gens avec un surpoids qui le sont.

« Je crois que nous savons tous qu’il existe des personnes obèses, tout comme plusieurs personnes âgées, qui sont extrêmement en forme et mobiles, dit le Dr Hassan. Alors malgré leur âge ou leur obésité, ils sont encore très fonctionnels et actifs et ils n’agissent pas comme quelqu’un pour lequel l’obésité aurait un impact négatif. Nous voulons examiner les autres mesures fonctionnelles. »

Ce projet de recherche est en cours depuis 2014 et le recrutement des patients se poursuit. Mais l’équipe possède déjà des résultats préliminaires qui peuvent être partagés.

« Nous avons découvert qu’il est encore très difficile de différencier les patients obèses en forme de ceux qui ne le sont pas, même avec toutes les données que nous avons amassées. Curieusement, plus vous êtes obèse, pires sont tous vos marqueurs, que ce soit au niveau biologique ou au niveau clinique, dit le Dr Hassan. Je crois que nous tentons encore d’adopter une stratégie pour différencier ces deux types de patients, mais nous n’y sommes pas encore tout à fait. Nous continuerons la collecte de données jusqu’à ce que nous y parvenions. »

Le Dr Hassan croit qu’il est important d’examiner l’impact de l’obésité sur l’état post-opératoire en cardiologie car il n’existe aucune norme de pratique que les médecins doivent respecter. Par exemple, certains médecins choisissent d’opérer leur patient immédiatement pour qu’il puisse se sentir mieux, ce qui leur permettra de régler leur obésité par la suite. D’autres médecins recommandent aux patients obèses de perdre du poids avant la chirurgie pour éviter la possibilité de complications causées par leur état.

« Il ne manque pas de personnes obèses au Nouveau-Brunswick, alors j’ai cru bon d’examiner la situation plus objectivement plutôt que d’adopter une approche instinctive face à l’obésité puisque certaines personnes sont plus proactives pour le traitement de ces patients et d’autres le sont moins, dit-il. Je veux des données qui me permettront d’affirmer que ce ne sont pas tous les patients obèses qui ont de mauvais résultats. Certains vont bien, alors tentons de les identifier pour pouvoir leur offrir la chirurgie plutôt que de les faire attendre. »

Ultimement, l’équipe espère que sa recherche aidera à créer des règles plus objectives permettant d’examiner les patients obèses individuellement et de donner aux patients des attentes réalistes par rapport aux risques tout en leur offrant des options de traitement et de réadaptation pertinentes.

« Du point de vue chirurgical, je veux identifier ceux qui sont à plus haut risque et ceux qui ne le sont pas », dit le Dr Hassan.

Le Dr Hassan et son équipe, qui comprend la Dre Christie Aguiar, Jeff McLeod, le Dr Keith Brunt, le Dr Jean-François Légaré, la Dre Petra Kienesberger, le Dr Thomas Pulinilkunnil, Sarah Melville et Alexandra Yip, ont reçu le prix de l’Étoile montant du mois de juin de la Fondation de la recherche en santé du Nouveau-Brunswick. Le Dr Hassan dit que la Fondation, qui a aussi fourni du financement pour le projet, est importante car elle est le guichet unique pour la recherche en santé de la province.

« La beauté de la Fondation de la recherche en santé du Nouveau-Brunswick est qu’elle est l’organisation qui sous-tend toute la recherche en santé de la province, dit-il. Elle ne dicte pas le type de recherche que nous devons effectuer, mais elle facilite la recherche dans la mesure où vous pouvez les approcher et leur dire que vous êtes intéressé à un certain projet et ils vous aideront. »

« Ils ne vous offriront pas nécessairement du financement avec leur propre budget, mais ils vous aideront à trouver les possibilités qui vous permettront d’obtenir du financement. »

Ce sont des organisations comme la FRSNB qui font du Nouveau-Brunswick un excellent endroit pour faire de la recherche.

« Je crois qu’au bout du compte, le Nouveau-Brunswick offre réellement d’excellentes possibilités aux chercheurs. Je crois que plusieurs personnes croient que pour devenir un grand chercheur il faut être à Montréal, Toronto ou Vancouver, dit le Dr Hassan. Mais je crois que pour la taille de la province dans laquelle nous vivons, nous sommes extrêmement productifs et nous continueront de l’être. »