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Une équipe de recherche primée axée sur les questions de santé des autochtones en milieu urbain

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Neil Forbes, membre d’une communauté autochtone urbaine de l’Île-du-Prince-Édouard, affirme que la recherche communautaire est plus efficace lorsqu’elle intègre les enseignements culturels autochtones.

Directeur de l’éducation pour la Première nation de Lennox Island, M. Forbes dit que les communautés des Premières nations ont longtemps dû se fier au financement fédéral pour effectuer de la recherche. Mais pour avoir un véritable partenariat, cette façon de faire doit changer.

« Nous sommes pratiques et nous savons que nous devons travailler ensemble. Nous voulons simplement avoir la possibilité de le faire avec notre perspective, de notre façon, avec nos valeurs », dit-il.

Forbes fait partie d’un réseau du Canada atlantique coordonné à Fredericton qui change la façon d’effectuer la recherche en santé avec les communautés autochtones. La Fondation de la recherche en santé du Nouveau-Brunswick a nommé Sokolomolsuwaken : Réseau de recherche en santé des autochtones en milieu urbain de l’Atlantique comme équipe de recherche du mois de mai.

Axés sur la population autochtone en milieu urbain de la région, les leaders communautaires, les chercheurs universitaires et les employés gouvernementaux se sont rassemblés pour effectuer de la recherche qui utilise les enseignements autochtones et pour laquelle le contrôle et l’accès aux données et le financement seront remis aux communautés autochtones.

Le chef de projet Jason Hickey, professeur adjoint du Département de sciences infirmières de l’UNB Fredericton, dit que les diverses voix à la table assureront que la recherche demeurera axée sur la communauté, sera rigoureusement scientifique et aura la chance d’informer les politiques.

Il affirme que l’approche marque aussi un changement dans l’équilibre des pouvoirs, faisant la promotion de plus d’autodétermination pour les populations autochtones. Cette approche respecte les recommandations de la Commission de vérité et réconciliation.

« Avec la recherche autochtone – du moins la recherche en santé – il existe un long historique de chercheurs universitaires qui tentent d’aller dans les communautés et de recueillir de l’information et des connaissances sans vraiment redonner à la communauté. Il existe donc une forte pression éthique de changer la façon d’effectuer ce type de recherche », explique M. Hickey.

Il affirme que les communautés autochtones savent le mieux ce dont elles ont besoin et doivent simplement avoir le soutien nécessaire pour effectuer leur travail.

« La recherche fera la promotion et le travail demeurera la propriété des communautés qui auront donc le contrôle des données. Elles contrôleront l’accès aux données et ce qu’il sera possible d’en faire, dit-il. Dans ce type de relation, les chercheurs universitaires agissent plutôt comme personnel de soutien que directeur de la recherche, ce qui est inhabituel pour un partenariat de recherche selon mon expérience. »

Ce réseau mettra davantage l’accent sur les forces et les ressources déjà disponibles dans chacune des communautés plutôt que de développer des stratégies uniques pour les problématiques physiques et de santé mentale précises. De cette façon, les projets pourraient aussi comprendre des questions comme la revitalisation de la langue.

« Plusieurs personnes pensent aux maladies lorsqu’ils parlent de santé. Mais pour les Autochtones, la santé doit être vue de manière plus holistique. Les déterminants culturels et sociaux – les facteurs en amont qui touchent la santé et le bien-être des gens – seront le point central plutôt que les maladies elles-mêmes », dit M. Hickey.

Le processus de recherche respectera les traditions autochtones en matière de communication et de collaboration. Par exemple, la roue du bien-être enseigne l’amour, le respect, l’honnêteté et la confiance.

« Tout ce que vous faites, chaque question que vous voulez poser, doit provenir d’un endroit de respect, d’honnêteté, de confiance et d’amour. Et si vous commencez à poser des jugements sur les gens et les communautés, vous perdez immédiatement le respect », dit M. Forbes.

« Il s’agit d’une très bonne approche de recherche. Il s’agit d’une très bonne façon pour les gouvernements de travailler comme prestataires de services et ce n’est pas actuellement le cas. À titre de Premières nations, nous voulons avoir des partenariats qui démontrent comment aider les Premières nations avec respect et dans un esprit exempt de jugement. »

Un Cri de Saddle Creek, en Alberta, qui a vécu à l’IPÉ pour toute sa vie, M. Forbes dit que de participer à la communauté autochtone en milieu urbain l’a aussi aidé à s’adapter lorsqu’il a été confronté à son sens de la culture, de la langue et de l’identité.

« Même simplement l’étiquette [d’autochtone en milieu urbain] m’a aidé à être plus à l’aise avec mon identité d’homme Autochtone au Canada », dit-il.

Même si la majorité de la population autochtone du Canada atlantique vit hors réserve, les chercheurs s’attardent souvent davantage aux populations des réserves. Selon le recensement de 2016, plus de la moitié de la population autochtone de près de 1,7 million vit hors réserve.

« Leurs communautés sont moins visibles parce qu’elles ne sont pas définies géographiquement », dit M. Hickey.

En plus de M. Hickey et M. Forbes, les membres de l’équipe principale comptent Patsy McKinney, directrice générale d’Under One Sky Head Start et du Centre d’amitié à Fredericton et Pam Glode-Desroches, directrice générale du Centre d’amitié Mi’kmaq à Halifax.

Le groupe s’est rencontré dans le cadre du Réseau de savoirs sur les Autochtones vivant en milieu urbain, une initiative nationale financée par le Conseil de recherches en sciences humaines. Ce financement a pris fin, mais le réseau Sokomolsuwaken désire poursuivre le travail qui a été effectué.

« Ce réseau s’est concentré principalement à bâtir des connaissances grâce à des projets de recherche collaborative. Notre réseau se concentrera sur la promotion de la santé et du bien-être pour les autochtones en milieu urbain. Toute la recherche que nous prévoyons effectuer ou soutenir permettra d’obtenir des connaissances qui aideront à soutenir le bien-être ou permettront de créer ou de concevoir des programmes ou des projets qui visent la promotion du bien-être », dit M. Hickey.

Le réseau Sokolomolsuwaken comprend maintenant 19 autres représentants des milieux universitaires et gouvernementaux et des leaders autochtones. Le réseau a reçu une subvention d’un an des Instituts de recherche en santé du Canada pour entreprendre des activités de promotion de l’esprit d’équipe et identifier des priorités des Autochtones en milieu urbain au Canada atlantique.

Le réseau a effectué une revue de la littérature, engagé des membres des communautés autochtones en milieu urbain et récemment organisé une réunion de deux jours à Halifax pour planifier la proposition complète pour le réseau.

« Nous avons examiné comment nous pouvons renforcer la capacité de la recherche communautaire autochtone, les priorités de recherche et la meilleure façon d’avoir accès aux connaissances qui existent déjà et la meilleure façon de rapporter ces connaissances aux communautés afin qu’elles puissent profiter de la recherche », dit Hickey.

À cause des divers besoins des juridictions, le réseau prévoit de créer divers centres de recherche communautaire avec des sous-équipes à Fredericton, St. John’s, Stephenville, Charlottetown et Goosebay, entre autres. Il existera un conseil de gouvernance composé des membres de l’équipe principale.

Ils prévoient de stocker les données dans les serveurs du Centre d’amitié Mi’kmaq à Halifax.

Le groupe se prépare maintenant à présenter une demande de subvention de 10,5 millions de dollars sur 15 ans aux Instituts de recherche en santé du Canada.

« Si nous obtenons cet important financement, il aurait un impact substantiel au Canada atlantique en matière de la façon d’effectuer de la recherche auprès des personnes autochtones. Je crois que c’est très excitant, » dit M. Hickey.